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Frère Laurent et frère Étienne ordonnés diacres : un nouveau service pour Timadeuc

14 sept.
4 min de lecture

Dimanche 13 septembre 2026, la communauté de l’abbaye Notre-Dame de Timadeuc a vécu une journée toute particulière. Frère Laurent et frère Étienne ont été ordonnés diacres en vue du sacerdoce par Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, au cours d’une célébration en la basilique Sainte-Anne-d’Auray.


Ils ont reçu l’ordination aux côtés de Pierre Simon et Wisdom Kwami Edem de Souza, eux aussi ordonnés diacres en vue du sacerdoce, tandis que Thierry Banse était ordonné diacre permanent. Cinq parcours différents, réunis autour d’un même mot : servir.


Et à Timadeuc, le service est une vieille connaissance.


Une ordination diaconale, qu’est-ce que cela signifie ?

Dans l’Église catholique, le diaconat est l’un des trois degrés du sacrement de l’Ordre, avec le presbytérat et l’épiscopat. Le mot « diacre » vient du grec diakonos, qui signifie serviteur.


L’ordination est conférée par l’évêque. Son geste central est très simple et très ancien : l’imposition des mains sur la tête de l’ordinand, accompagnée de la prière d’ordination, par laquelle est demandé le don de l’Esprit Saint pour la mission qui lui est confiée.


Le diacre est notamment appelé au service de la Parole, de la liturgie et de la charité. Il proclame l’Évangile, peut prêcher, assister l’évêque et les prêtres dans les célébrations, distribuer la communion, célébrer certains sacrements et sacramentaux et, plus largement, manifester dans son ministère cette attention au service des autres qui est au cœur de l’Évangile.


Pour frère Laurent et frère Étienne, il s’agit d’un diaconat en vue du sacerdoce : ils exerceront désormais le ministère diaconal avant une future ordination au presbytérat.


Cette étape n’est donc pas seulement une préparation à « ce qui viendra après ». Le diaconat est déjà un véritable ministère, reçu et vécu pleinement.


Frère Laurent : quarante années à Timadeuc… et un nouvel appel


Frère Laurent, moine de l’abbaye Notre-Dame de Timadeuc depuis 1986.

Frère Laurent est moine à l’abbaye Notre-Dame de Timadeuc depuis quarante ans.

Né à Vannes en 1957, il y a été baptisé à la cathédrale. La foi a accompagné son enfance, notamment à travers plusieurs prêtres et religieux de sa famille et de son entourage. Après des études techniques dans le bâtiment à Saint-Brieuc, il a travaillé pendant sept ans aux côtés de son père dans l’entreprise familiale.


Le bâtiment aurait pu devenir son avenir. Une autre route s’est finalement ouverte.


En janvier 1986, il entre comme postulant à l’abbaye Notre-Dame de Timadeuc. Quarante ans plus tard, le jour même de l’anniversaire de cette entrée en communauté, le père abbé lui demande s’il accepte de se préparer au diaconat puis au presbytérat. La communauté avait elle-même exprimé, lors de la préparation du Chapitre général de 2025, le souhait que certains frères puissent être ordonnés pour le service de l’abbaye.


Frère Laurent accueille cet appel avec ce qu’il décrit comme de la joie et du tremblement. Un appel qui résonne d’une manière particulière avec son saint patron, saint Laurent, lui-même diacre.


Après quarante années de vie monastique, cette ordination ne change donc pas de cap. Elle approfondit une vie déjà donnée.




Frère Étienne : de la voie ferrée à la voie cistercienne


Frère Étienne, moine de l’abbaye Notre-Dame de Timadeuc.

Le chemin de frère Étienne a, lui aussi, connu quelques aiguillages.


Né à Meaux en 1963 dans une famille souvent appelée à déménager en raison du métier militaire de son père, il grandit successivement à Meaux, Nîmes puis Rochefort-sur-Mer. Dans un environnement familial plutôt peu pratiquant, la foi trouve pourtant progressivement sa place.


Sa première vocation, raconte-t-il volontiers, fut de « conduire les trains ».


Il réalisera ce rêve et passera dix années à la SNCF comme agent de conduite. Mais à 26 ans, nouveau changement de voie : il rejoint la vie monastique cistercienne. L’image ferroviaire lui va finalement assez bien… sauf que cette ligne-là ne figurait sur aucune carte de la SNCF.


Ces « oui » successifs le conduisent jusqu’à sa profession solennelle à Timadeuc, le 24 juin 1995.


Lorsque le père Benoît lui propose à son tour de se préparer au diaconat en vue du sacerdoce pour le service de la communauté, frère Étienne ne cache pas ses hésitations. Il se reconnaît dans Moïse, qui se jugeait peu doué pour la parole. Mais il choisit une nouvelle fois de faire confiance et d’avancer.

Dans son témoignage, il rend surtout grâce pour toutes les personnes qui ont été, au fil des années, des soutiens et des lumières sur son chemin.




Un ministère reçu pour servir la communauté

Cette double ordination prend un sens particulier dans la vie de Notre-Dame de Timadeuc, communauté cistercienne fondée en 1841 et aujourd’hui composée de 17 frères. La vie y demeure rythmée par la prière liturgique, la lectio divina, le travail et l’accueil.


Frère Laurent et frère Étienne ne quittent donc pas leur vocation monastique pour en commencer une autre. Leur ministère de diacre, puis demain celui de prêtre, viendra se mettre au service de cette vocation et de leurs frères.

Dans une abbaye où les journées sont faites de fidélités discrètes, l’événement pourrait presque se résumer ainsi : deux frères ont reçu une nouvelle mission, mais le chemin reste le même.


Chercher Dieu ensemble. Prier. Travailler. Accueillir.

Et, désormais d’une manière nouvelle, servir.

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